Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Actualités nationales > Bulletin de situation hydrologique (...)

Bulletin de situation hydrologique du 13 juillet 2012

16 juillet 2012

Les épisodes pluvieux ont apporté, dès le début du mois, des précipitations significatives, particulièrement dans les régions du nord du pays. Le nombre de jours de pluie a été important pour un mois de juin et a permis un arrosage régulier. La quantité d’eau recueillie en moyenne sur la France est supérieure à la normale mensuelle de plus de 20 % mais avec de fortes disparités régionales : elle est très largement excédentaire en région Ile-de-France, où le mois de juin 2012 est un des plus pluvieux depuis 1959 avec une pluviométrie proche du double de la normale, et très déficitaire en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et en Corse, où le cumul de précipitation ne représente respectivement que 40 % et 15 % des précipitations attendues pour un mois de juin.

Depuis septembre 2011, début de l’année hydrologique, le cumul de précipitation est proche de la normale à l’échelle du pays. On repère toutefois quelques zones encore déficitaires où ce cumul ne représente que 50 à 75% de la normale comme le nord-ouest de la Vendée, le centre de la région Midi-Pyrénées, le littoral de l’Hérault, les régions de Marseille et d’Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône, et localement du Gard à l’Ardèche.

Le cumul des pluies efficaces depuis septembre 2011 est excédentaire de 25 à 50% par rapport à la normale uniquement sur l’est du Roussillon, l’ouest du Var, et très localement le relief est de la Haute-Corse. Partout ailleurs, la France subit un déficit et le cumul de précipitation efficace ne représente par endroit que 25% de la normale comme sur le Bas-Rhin, de l’Ille-et-Vilaine au nord-ouest de la Vendée jusqu’à la Mayenne et à l’Anjou, de l’est du Cantal à la Haute-Loire, de la région d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) à l’ouest de la Drôme, et surtout dans le centre de Midi-Pyrénées.

Les sols superficiels sont proches de la saturation dans les Ardennes, sur le Jura, le relief de la Savoie, et dans une moindre mesure sur le Finistère. L’humidité des sols est excédentaire de plus de 50 % par rapport à la normale près de l’estuaire de la Garonne, sur l’ouest de la Bretagne, de la Basse-Normandie et du nord des Pays de la Loire jusqu’à l’ouest de la Champagne, sur les Ardennes et le nord de la Meuse, ainsi que du sud de la Bourgogne au Jura et à l’Ain. On distingue un déficit essentiellement dans les plaines de Midi-Pyrénées où l’humidité des sols ne représente que 40 à 60 % de l’humidité normale pour un mois de juin. Ailleurs, l’humidité des sols avoisine la normale. Le niveau des nappes au 1er juillet 2012 est hétérogène d’une région à l’autre. La moitié des réservoirs (48%) affichent un niveau normal à supérieur à la normale. C’est le cas, notamment, pour une grande partie du quart sud-est et de l’est de la France. Cette situation est assez favorable pour un début de période estivale et n’était pas garantie en fin d’hiver. Elle est le résultat des précipitations importantes qui ont marqué le printemps 2012. Ces précipitations tardives ont participé fortement à la recharge. La tendance d’évolution des nappes est désormais à la baisse pour la moitié des nappes (53%). Un tiers des niveaux (29%) reste stable et seule une minorité des niveaux observés est encore tournée à la hausse (17%) à la faveur des précipitations récentes. Le retour à une baisse des niveaux marque une grande partie du bassin Aquitain et du quart sud-est du pays. A l’échelle nationale, la période de recharge des nappes, tardive cette année puisqu’elle s’est manifestée principalement au printemps, semble désormais terminée dans de nombreux secteurs.

Les précipitations du mois de juin ont permis de maintenir les débits dans la plupart des cours d’eau et près de la moitié des points mesurés présentent un débit moyen mensuel supérieur à la normale. Les débits les plus faibles par rapport aux normales sont observés dans le sud du pays où les précipitations ont été déficitaires au cours du mois de juin. Les débits minimum mesurés au cours du mois de juin confirment la relative stabilité des débits par rapports au mois précédent. Sur l’ensemble des données disponibles sur les débits minimum observés, seuls 8% correspondent à des valeurs inférieures à la fréquence quinquennale sèche (contre 5% le mois précédent).

La majorité des stations suivies dans le cadre de l’Observatoire National Des Etiages* (ONDE) présentent un écoulement visible sur l’ensemble du territoire métropolitain. Seuls quelques points indiquent une rupture d’écoulement, notamment en région Languedoc Roussillon où la situation est plus délicate dans les départements de l’Hérault et du Gard avec respectivement 30% et 20% des stations présentant des écoulements très faibles ou en assec. Dans le bassin Adour-Garonne, la situation est plus contrastée avec une tendance générale à la diminution progressive des débits. Cependant, les indices départementaux sont toujours élevés même si certains ont commencé à chuter depuis le début du mois de juin (notamment sur les bassins Rhône-Méditerranée-Corse et Adour-Garonne).

La situation des écosystèmes aquatiques est assez bonne dans son ensemble et l’abondance des pluies printanières a favorisé un état général satisfaisant de la biocénose.

En synthèse, les précipitations importantes du mois de juin dans le nord du pays ont permis de maintenir l’amélioration de la situation hydrologique entamée au mois d’avril. Les pluies importantes de printemps ont même permis une recharge, parfois conséquente, des nappes. Cependant, le déficit de précipitations observé dans le sud du pays au mois de juin commence à entraîner une baisse du niveau des nappes et des débits allant jusqu’à la rupture des écoulements dans certains endroits. Bien que la situation en ce début de période d’étiage soit nettement plus favorable que celle observée en 2011 ou redoutée à la suite des faibles précipitations de cet hiver, des tensions sur la ressource en eau sont encore à craindre, particulièrement dans le sud du pays, et la vigilance doit être maintenue.

Voir la version originale de l'article
 

Glossaire des mots associés à la page

Etiage
Période de plus basses eaux des cours d'eau et des nappes souterraines (généralement l'été pour les régimes pluviaux).