Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Actualités nationales > 51% des substances recherchées dans (...)

51% des substances recherchées dans les milieux aquatiques sont effectivement retrouvées

6 juillet 2016

Sur les 637 substances recherchées lors de deux campagnes de surveillance exploratoires menées en 2011 et 2012 sur l’ensemble du territoire (métropole et outre-mer), 51% ont été retrouvées dans les milieux aquatiques. Plastifiants, médicaments, pesticides… figurent parmi les familles de substances identifiées le plus souvent.

Les deux campagnes de surveillance, menées sur l’ensemble du territoire (métropole et outre-mer) en 2011 et 2012, ont permis d’acquérir des informations sur les concentrations en substances émergentes, non réglementées ou insuffisamment surveillées dans les milieux aquatiques. Menées lors du cycle de surveillance DCE* 2010-2015, dans le cadre de deux plans nationaux (le plan de lutte contre les micropolluants et le plan sur les résidus médicamenteux dans les eaux), elles ont mis notamment en lumière ces résultats :
- 51% des substances recherchées sont bien présentes dans une partie des cours d’eau, plans d’eau, eaux littorales et eaux souterraines ;
- 38% de ces substances sont utilisées principalement comme pesticides et 33% pour des usages industriels ou domestiques, 25% sont des médicaments, et 4% relèvent d’autres usages (produits de soins corporels, par exemple) ;
- le plus fort pourcentage de substances quantifiées est observé dans les cours d’eau (70%), davantage connectés aux pressions polluantes. Parmi les substances le plus fréquemment retrouvées dans les cours d’eau : des conservateurs utilisés dans les cosmétiques et les produits de soins corporels (parabènes), des plastifiants (diisobutyl phthalate et bisphénol A), un composé tensioactif (p-Nonylphénol diéthoxylate), mais aussi des produits de combustion (HAP*) - dans les sédiments.

Ces exercices, dont le coût s’élève à 4,5 millions d’euros partagés par une quinzaine de financeurs publics (en particulier l’Onema et les agences de l’eau), apportent les éléments nécessaires à la révision des listes de substances à surveiller. Ainsi l’arrêté du 7 août 2015 a profondément renouvelé la surveillance chimique des milieux aquatiques nationaux : 50% des 239 substances qui seront surveillées dans les eaux de surface lors du cycle DCE* 2016-2021 n’étaient pas réglementées lors du cycle 2010-2015. Pour les eaux souterraines, 261 substances identifiées feront désormais l’objet d’une surveillance réglementée.

Accéder à la synthèse « Surveillance des micropolluants dans les milieux aquatiques : des avancées récentes »




Sur le web :
- Les campagnes exploratoires, Onema
- Les contaminants d’intérêt émergents, Onema
- Le plan micropolluants, Ministère chargé de l’environnement
- Le plan national résidus de médicaments, Ministère chargé de l’environnement

Sur www.documentation.eaufrance.fr, accéder aux zooms sur la lutte contre les pesticides ou les médicaments dans l’eau.

Voir la version originale de l'article
 

Glossaire des mots associés à la page

Directive cadre sur l'eau (DCE)

Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau, communément appelée directive cadre sur l'eau (DCE). Elle fixe des objectifs environnementaux et des échéances pour améliorer l'état écologique et l'état chimique des masses d'eau de surface ainsi que l'état quantitatif et l'état chimique des masses d'eau souterraine. Certaines masses d'eau, créées par l'activité humaine ou fondamentalement modifiées dans leurs caractéristiques par l'activité humaine, peuvent être désignées comme respectivement masses d'eau artificielles (MEA) ou masses d'eau fortement modifiées (MEFM). Dans ce cas, leurs caractéristiques et leur fonctionnement écologiques sont décrits par un potentiel écologique. La DCE fixe en particulier l'objectif général d'atteindre le « bon état » ou le « bon potentiel » des masses d'eau d'ici 2015, et établit une procédure de planification à cette fin. Suivant des cycles de gestion de six ans (2010-2015, 2016-2021, 2022-2027...) et au sein de chaque bassin ou groupement de bassins, un état des lieux doit être réalisé, un programme de surveillance doit être défini, une participation du public doit être assurée dans le cadre de l'élaboration du calendrier, du programme de travail et de la synthèse provisoire des questions importantes, ainsi que des projets de plans de gestion (qui sont inclus dans un SDAGE) et de programmes de mesures. Dans une logique de développement durable, les considérations économiques ont été explicitement prises en compte dans la directive. Ainsi, des exemptions sont prévues à l'atteinte du bon état et du bon potentiel d'ici 2015, qui peuvent être justifiées notamment par des coûts disproportionnés. Il doit, de plus, être fait état des mesures prises en matière de tarification de l'eau et de récupération des coûts des services de l'eau.

Hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP)
Groupe de plus de 100 composés organiques différents constitués de plusieurs anneaux de benzène. Certains d'entre eux sont persistants et cancérigènes. Les hydrocarbures aromatiques polycliques, plus connus sous le sigle HAP, sont généralement formés lors de la combustion incomplète de charbon, de pétrole, de gaz, de déchets ou d'autres substances organiques.