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La qualité des milieux aquatiques globalement stable depuis 2010

15 septembre 2015

La connaissance des milieux aquatiques et de leur état constitue le socle d’une gestion adaptée. Les efforts de surveillance, accrus depuis l’adoption de la directive cadre sur l’eau (DCE*) en 2000, permettent progressivement d’affiner le bilan. Dans quel état sont les rivières, les lacs, les estuaires et les nappes souterraines de France ?

Avec le développement des méthodes et connaissances scientifiques et techniques, la notion de qualité des eaux s’est progressivement transformée en qualité des milieux aquatiques, en considérant également l’ensemble des espèces animales et végétales qui vivent dans l’eau ainsi que leurs habitats. Ainsi, l’état des eaux de surface (rivières, lacs, eaux littorales) est désormais évalué en prenant en compte :
- l’état chimique de l’eau, apprécié à partir de mesures de concentrations de familles de substances : pesticides, métaux, HAP*, etc. ;
- l’état écologique des écosystèmes aquatiques associés, apprécié à partir d’éléments de qualité biologique (faune et flore), d’éléments de qualité hydromorphologique (morphologie et dynamique des rivières) et d’éléments de qualité physico-chimique (température, pH, etc.).

En 2013, 43,4% des masses d’eau de surface sont évaluées en bon ou très bon état écologique. Et cet état semble globalement stable depuis 2010 : 24,6% des masses d’eau évaluées sur les deux périodes voient leur état s’améliorer, 52,6% stagner, et 20,1% se dégrader. Cette comparaison est cependant à mettre en regard de l’augmentation des données de surveillance et de l’évolution des méthodes d’évaluation qui peuvent influer sur l’interprétation des résultats.

La dernière synthèse eaufrance présente l’état des eaux de surface et des eaux souterraines de l’ensemble du territoire en 2013 (sur la base des données des états des lieux), mis en regard de la situation en 2010 (sur la base des données rapportées par les bassins à la Commission européenne).

La synthèse est également disponible en version anglaise.

Pour aller plus loin :

Règles d’évaluation de l’état des eaux douces de surface de métropole
Etat des masses d’eau rapporté à la Commission européenne en 2010
Etat des masses d’eau des états des lieux de 2013
Etat écologique* des rivières en 2010
Etat écologique* des lacs en 2010
Etat écologique* des estuaires et des lagunes en 2010
Etat écologique* des eaux côtières en 2010

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Glossaire des mots associés à la page

Directive cadre sur l'eau (DCE)

Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau, communément appelée directive cadre sur l'eau (DCE). Elle fixe des objectifs environnementaux et des échéances pour améliorer l'état écologique et l'état chimique des masses d'eau de surface ainsi que l'état quantitatif et l'état chimique des masses d'eau souterraine. Certaines masses d'eau, créées par l'activité humaine ou fondamentalement modifiées dans leurs caractéristiques par l'activité humaine, peuvent être désignées comme respectivement masses d'eau artificielles (MEA) ou masses d'eau fortement modifiées (MEFM). Dans ce cas, leurs caractéristiques et leur fonctionnement écologiques sont décrits par un potentiel écologique. La DCE fixe en particulier l'objectif général d'atteindre le « bon état » ou le « bon potentiel » des masses d'eau d'ici 2015, et établit une procédure de planification à cette fin. Suivant des cycles de gestion de six ans (2010-2015, 2016-2021, 2022-2027...) et au sein de chaque bassin ou groupement de bassins, un état des lieux doit être réalisé, un programme de surveillance doit être défini, une participation du public doit être assurée dans le cadre de l'élaboration du calendrier, du programme de travail et de la synthèse provisoire des questions importantes, ainsi que des projets de plans de gestion (qui sont inclus dans un SDAGE) et de programmes de mesures. Dans une logique de développement durable, les considérations économiques ont été explicitement prises en compte dans la directive. Ainsi, des exemptions sont prévues à l'atteinte du bon état et du bon potentiel d'ici 2015, qui peuvent être justifiées notamment par des coûts disproportionnés. Il doit, de plus, être fait état des mesures prises en matière de tarification de l'eau et de récupération des coûts des services de l'eau.

Etat écologique
Appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés aux eaux de surface. Il s'appuie sur ces critères appelés éléments de qualité qui peuvent être de nature biologique (présence d'êtres vivants végétaux et animaux), hydromorphologique ou physico-chimique. L'état écologique comporte cinq classes : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais. Pour chaque type de masse d'eau, il se caractérise par un écart aux conditions de références (conditions représentatives d'une eau de surface pas ou très peu influencée par l'activité humaine). Le « très bon » état écologique est défini par de très faibles écarts dus à l'activité humaine par rapport aux conditions de référence du type de masse d'eau considéré. Le « bon » état écologique est défini par de faibles écarts dus à l'activité humaine par rapport aux conditions de référence du type de masse d'eau considéré. Les limites de la classe bon état sont établies sur la base de l'exercice d'interétalonnage.
Hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP)
Groupe de plus de 100 composés organiques différents constitués de plusieurs anneaux de benzène. Certains d'entre eux sont persistants et cancérigènes. Les hydrocarbures aromatiques polycliques, plus connus sous le sigle HAP, sont généralement formés lors de la combustion incomplète de charbon, de pétrole, de gaz, de déchets ou d'autres substances organiques.