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Bulletin de situation hydrologique du 14 mai 2012

16 mai 2012

Contrairement au mois de mars, les précipitations durant ce mois d’avril à l’échelle de la France, ont été excédentaires de 70% par rapport à la normale, situant ce mois au 5ème rang des mois d’avril les plus pluvieux depuis 1959. Si le pourtour du golfe du Lion a été peu arrosé avec moins de 10 jours de pluie (situation toutefois proche de la normale), le cumul pluviométrique atteint 2 à 3 fois la normale de la façade atlantique au Limousin, avec plus de 16 jours de pluie en Bretagne et 20 à 26 jours du sud de l’Aquitaine au sud-ouest de l’Auvergne. La Bretagne, le Limousin et l’Aquitaine se placent respectivement au 2ème, 3ème et 4ème rang des mois d’avril les plus arrosés depuis 1959. Le cumul de précipitations a donc été partout excédentaire, à part sur quelques endroits comme le littoral est de la Corse, l’intérieur du Roussillon et le sud du plateau lorrain où il ne représente que 75%, voire 50%, des précipitations normales pour un mois d’avril.

Depuis septembre 2011, début de l’année hydrologique, et grâce à ce mois d’avril pluvieux, le cumul de précipitation est proche de la normale sur la quasi-totalité du territoire. Ce cumul reste néanmoins localement compris entre 50 et 75% de la normale sur le nord du Bas-Rhin et l’extrême nord-est de la Moselle, sur le nord-ouest de la Vendée, du Médoc au littoral charentais, sur le nord-est de la Saône-et-Loire, sur le centre de la région Midi-Pyrénées, sur le littoral corse, du sud de l’Auvergne à l’Hérault et aux Bouches-du-Rhône (au sud de l’étang de Berre, le cumul des précipitations représente seulement 25 à 50% du cumul normal). A l’inverse, le cumul des précipitations est supérieur aux normales de 10 à 25% sur la région lilloise et de 25 à 50% sur l’est des Pyrénées-Orientales et sur le relief de l’est de la Haute-Corse.

Le cumul des pluies efficaces depuis septembre 2011 est déficitaire ou proche de la normale sur l’ensemble de la France, hormis sur l’est des Pyrénées-Orientales et le relief de l’est de la Haute-Corse où l’excédent est de 25 à 100% grâce aux précipitations importantes de l’automne 2011. Le cumul de précipitation efficace est compris entre 25 et 50% de la normale du littoral vendéen aux Pays de la Loire, localement sur le Bassin* parisien et le Massif central, près de la vallée de la Saône, sur la Balagne et l’extrême sud de la Corse. Ce cumul de précipitations efficaces est encore plus faible en région Midi-Pyrénées, de l’est de la Moselle au Bas-Rhin et en région marseillaise où il est par endroit nul. Grâce aux précipitations du mois d’avril, les sols superficiels se sont très largement réhumidifiés et sont proches de la saturation sur une grande partie du territoire. En revanche, dans les plaines de Midi-Pyrénées, sur le pourtour du golfe du Lion, ainsi que sur les trois quart nord de l’Alsace, les sols superficiels sont encore secs voire très secs notamment sur le nord de la Haute-Garonne, le Bas-Rhin et les Bouches-du-Rhône.

Que ce soit dans les Alpes ou les Pyrénées, l’enneigement a augmenté durant ce mois d’avril sur l’ensemble des massifs. Au 1er mai 2012, la couverture neigeuse s’est nettement rapprochée de la normale avec encore toutefois des zones où elle ne dépasse pas 25% de la normale. Au 1er mai 2012, la quantité d’eau stockée dans le manteau neigeux alpin a augmenté par rapport au mois précédent. Malgré des zones déficitaires, on y retrouve des valeurs proches de la normale notamment sur les Savoies. Si la situation s’est améliorée par rapport au mois précédent, l’équivalent en eau du manteau neigeux reste de l’ordre de 50% de la normale sur les Alpes du Sud. Malgré des valeurs globalement inférieures aux normales, la situation dans les Alpes est meilleure qu’en 2011. la quantité d’eau stockée dans le manteau neigeux pyrénéen s’est accrue. En moyenne, l’équivalent en eau du manteau neigeux de ce massif représente 25 à 50% de la normale.

A l’image des précipitations du mois d’avril, l’hydraulicité des cours d’eau est en très nette amélioration par rapport au mois précédent. Sur l’ensemble des données disponibles, si le rapport à la normale n’est supérieur à 100% que pour 22% d’entre elles, seules 17% des stations continuent à afficher des rapports à la normale inférieurs à 50%. Les débits minimum mesurés au cours du mois d’avril confirment l’amélioration des conditions par rapport au mois précédent mais également la persistance au début du mois du déficit hérité des mois précédents. Sur l’ensemble des données disponibles sur les débits minimum observés, près de 50% correspondent à des valeurs toujours inférieures à la fréquence quinquennale sèche.

Au printemps 2012, une grande majorité des aquifères (77%) affichent toujours un niveau inférieur à la normale malgré les précipitations du mois d’avril. Toutefois, un tiers des niveaux (35%) est orienté à la hausse et une grande partie (40%) est désormais stable. 25% seulement des indicateurs présentent des niveaux qui sont encore en baisse. Une tendance à la stabilisation des niveaux marque les grands bassins, Parisien et Aquitain, ainsi que le quart sud-est du pays. Si, à l’échelle nationale, la période de recharge hivernale des nappes n’a pas été très efficace, les pluies de printemps ont eu, quant à elles, un effet très bénéfique en stabilisant le niveau des nappes, voire en permettant une augmentation du niveau de certaines nappes. En synthèse, les précipitations très importantes du mois d’avril ont permis une nette amélioration , sauf dans quelques secteurs, en particulier dans une zone centrée sur le nord des Hautes-Pyrénées. Ces précipitations, intervenues tardivement, ont stabilisé le niveau de certaines nappes, mais n’ont pas permis de restaurer complètement la situation. La vigilance est donc toujours de mise et il convient de renouveler les préconisations générales de gestion économe de la ressource en eau.

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Bassin

Circonscription hydrographique française la plus grande en matière de planification et de gestion de l'eau. C'est à l'échelle du bassin ou du groupement de bassins qu'est élaboré le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et son programme de mesures. C'est à cette échelle qu'opèrent les grands acteurs de la gestion de l'eau que sont les comités de bassin, les préfets coordonnateurs de bassin et les délégations de bassin, ainsi que les agences de l'eau. Il existe quatorze bassins ou groupements de bassins en France.

Synonymes : District, Bassin DCE, Groupement de bassins.